Préface

J’ai reçu la version quasi définitive du livre de Laurent au début décembre 2019, quinze mois après la fin du Sun Trip 2018. C’est le temps de la digestion d’un événement hors norme. Le temps pour coucher sur le papier les souvenirs de l’aventure de sa vie.

Ce livre est pour moi un beau cadeau. Il est à l’image de la participation de Laurent, inattendu et réussi.

Les fans du Sun Trip y trouveront un récit au ton direct, truffé d’informations et d’anecdotes inédites. L’aventure racontée de l’intérieur, sans filtre et sans blablas. Il n’y a rien de plus vrai.

Les gens tentés par l’idée de se lancer dans le défi trouveront un grand nombre de conseils, pour se préparer et pour avancer dans l’inconnu. Nul doute que ce livre sera utile pour beaucoup, qu’il permettra de transformer des rêves en réalité.

Du vélotaf au Sun Trip résume vraiment bien l’image que j’ai de Laurent et de sa participation. Le Sun Trip est arrivé comme un OVNI dans sa vie. Et il a tout simplement saisi la balle au bond, pour aller voir ce qu’il y avait au bout du chemin, au bout de lui-même. Le Sun Trip comme alibi pour partir à l’assaut du monde. Je trouve ça parfait. Je ne pouvais pas rêver mieux.

Un matin de mi-août 2018, à l’autre bout de l’Eurasie, qui est très grande, j’avais retrouvé Laurent le jour de l’arrivée. Si certains finissent en état d’exaltation, en larmes, ou euphorisés par les événements vécus, lui est arrivé avec calme et sérénité. Il avait les idées claires, résumées en deux phrases gardées au montage du film de l’édition.

Sortir de chez moi, ça m’a changé. Le Sun Trip a changé ma vision du monde, en positif !

Il avait fait le chemin et avait hâte de retrouver les siens, certainement pour leur dire.

Merci Laurent.

Florian Bailly

Du Vélotaf

Janvier 2017

Mes vélos de vélotafeur le VTT surtout le M5 pour l’été
Mes vélos de vélotafeur, le VTT surtout, le M5 pour l’été

— Vas-y frôle-moi encore plus ! Tu veux pas m’écraser pendant que tu y es ?

Non je ne suis pas en Chine, juste à Lyon sur la RN6 sur une portion de route qui se rétrécit de deux à une voie, avant d’aborder un énième rond-point ! Il ne faudrait pas que ces braves automobilistes si pressés ne soient pas un peu contraints de réduire la vitesse sous peine de prendre le rond-point en ligne droite, n’est-il pas !

Je peux affirmer aujourd’hui que rouler à vélo à Lyon, est un bon entraînement pour rouler jusqu’en Chine. A une ou deux exceptions près qu’on verra plus tard (voir Almaty et Urumqi à la partie consacrée aux villes).

La mort est-elle à envisager lorsqu’on parcourt sept mille kilomètres par an en vélotaf par tous les temps ? La réponse est oui. Je dis toujours qu’il faudra que je me fasse écraser pour qu’il y ait un aménagement mis en place… Mais j’en doute ! J’ai déjà vu une cycliste sur Bron allongée par terre juste une minute après l’impact avec une voiture. Je ne suis vraiment pas sûr qu’elle ait survécu… Et le passage piéton n’a pas vu sa signalétique renforcée pour indiquer le passage d’une piste cyclable sur ce passage piéton partagé !

Le vélotafeur est-il un être suicidaire ou plus conscient de l’intérêt du vélo pour sa santé physique et morale au quotidien ?

Même si je n’ai pas de plaisir à aller au travail, j’ai du plaisir en allant au travail.

Le vélo, malgré le stress qu’il peut provoquer par la vigilance qu’il nécessite, apporte un bienfait physique immédiat dans l’effort. Et cette sensation de connaître la météo intimement ! Il suffit le matin que j’ouvre la fenêtre pour savoir comment m’habiller. Comme disent les gens du nord, il n’y a pas de mauvaise météo, il n’y a que de mauvais vêtements.

— Une, deux ou trois couches de vêtements aujourd’hui ?
— Short ou pantalon ?

Le nez, les yeux, les capteurs de températures de mon corps sont là pour me le dire.

Je vis mieux en me déplaçant à vélo que lorsque j’allais au travail en voiture, en scooter 125 ou même en bus. Le seul truc qui me manque, je ne peux emporter personne avec moi avec les vélos que j’utilise et le volume des courses transportable est plus limité. Mais combien de fois ai-je eu besoin de conduire quelqu’un à mon boulot en plusieurs années ? Une fois peut-être !

Le vélotafeur qui sort de la ville, la zone des cinq-sept kilomètres autour du cœur de la ville, à vue de nez, que j’appellerais la petite couronne, est vite pris pour un fou ! Voire un emmerdeur qui grille les feux et fait ralentir les automobilistes aux ronds-points, aux rétrécissements, sur les monovoies…

— On ne te voit pas lorsqu’il fait nuit, c’est trop dangereux de rouler à vélo !

Oui j’ai déjà un peu échangé à sens unique, avec mes congénères à quatre roues ! Je crois qu’il devrait être obligatoire de passer le permis vélo en même temps que le permis voiture, avec par exemple cinq cents kilomètres à parcourir à vélo en ville pour avoir son permis automobile. Ceci permettrait d’équilibrer la discussion et peut-être un plus de compréhension.

Le faible a toujours tort, même principe entre le vélo et la voiture

Un vélotafeur est plus que ridicule du point de vue des automobilistes. Parfois certains vous disent que vous êtes courageux… Il n’y a pas qu’en politique qu’on se moque des mots. Moi j’entends toujours fou à la place du mot courageux, sinon ne viendraient-ils pas faire preuve de courage à leur tour et venir grossir le flot des cyclistes ?

Il m’arrive d’avoir la rage et de taper sur le capot d’une voiture (ça n’abîme pas le véhicule mais ça fait un bruit suffisant pour faire passer le message de j’existe et je ne suis pas content) lorsque j’ai échappé de peu à un accident. Avec l’âge j’essaie d’être de plus en plus serein et de réduire ces petits gestes indélicats… mais faut pas non plus tomber sur un mauvais jour.

En dix ans, j’ai vu s’accroître le nombre de cyclistes à Lyon dans la petite couronne. Avec l’essor de l’électrique, les vélos sont maintenant accompagnés de trottinettes, mono-roues et planches à roulettes électriques. Mais en dehors de la petite couronne, très très peu d’évolution… malgré le prix du carburant qui à mon humble avis n’est toujours pas assez élevé pour dissuader d’utiliser sa voiture pour la voituretaf.

Serais-je pris plus au sérieux, si au lieu de faire sept mille kilomètres par an pour aller de la maison au travail, je parcourais cette distance pour aller en Chine ?

La réponse est oui et c’est étrange ! Je dois avouer toutefois qu’autant de kilomètres en ligne droite (en suivant la courbe de la Terre) plutôt qu’en tournant en rond dans son microcosme reste une petite aventure personnelle assez enrichissante en découverte humaine et géographique. De quoi écrire quelques pages de mémoire de ce doux rêve qu’est le parcours de Lyon à Canton à vélo solaire.

Sans cette préparation de vélotafeur Lyonnais depuis plusieurs années, ma petite aventure Lyon-Canton n’aurait certainement pas pu se faire, faute d’entraînement physique suffisant et faute d’expérience suffisante à supporter les bords de route fréquentés par les camions, bus et autres véhicules à quatre roues ou plus.

Le vélotaf quotidien sert d’entraînement de base pour survivre sur les routes fréquentées et savoir se couvrir par tous les temps.

A croire que je m’étais préparé pour ce doux rêve du voyage à vélo solaire… sans le savoir.

Mais encore fallait-il connaître l’existence de The Sun Trip Lyon-Canton

Logo de The Sun Trip
Logo de The Sun Trip

Au Sun Trip

Mars 2017

— Mais c’est quoi cette organisation The Sun Trip ?

Le Sun Trip, quèsaquo ?

Une partie des organisateurs du Sun Trip 2018
Une partie des organisateurs du Sun Trip 2018

Le Sun Trip c’est avant tout une idée germée dans l’esprit de Florian Bailly lors d’un périple qu’il a fait en solitaire jusqu’au Japon. Il a su rallier du monde à son idée d’organiser un voyage collectif en solitaire… En s’inspirant de ce qui existe à la voile.

J’en profite pour vous montrer une partie de la fine équipe d’organisation du Sun Trip 2018. Florian Bailly, Angélique Galvaing, Guillaume Devot, Cédric Vinatier, Anick-Marie Bouchard, Olivier Reginensi

Mais avant d’en arriver à cette photo, je me souviens être tombé sur le site The Sun Trip un jour de mars 2017, je ne sais plus dire par quel hasard mais ce qui me reste c’est le choc que cela m’a produit. Un frisson dans le corps. Un rêve accessible où je pourrais postuler ?

— Un vélo solaire comme véhicule ?
— Ça existe et certains ont déjà réalisé un grand périple avec ?
— Incroyable !

Départ de Lyon et ce depuis 2013. Un grand périple tous les deux ou trois ans et je n’étais même pas au courant ! Moi qui croyais qu’avec Twitter et Facebook on ne ratait plus rien !

Après la surprise et un moment de réflexion, j’ai vu là un moyen d’aller plus loin, plus vite avec un vélo boosté à l’énergie électrique. Il était annoncé le départ d’une course pour 2018, départ de Lyon, arrivée en Chine dans une ville que je n’avais pas encore bien noté.

La Chine où je n’imaginais pas aller un jour. Et passer par le Kazakhstan… je ne savais même pas que le pays existait ! J’ai senti des fourmillements de plaisir à imaginer m’inscrire, à construire un vélo solaire, à partir une nouvelle fois en bivouac après trente-cinq ans sans l’avoir refait depuis mon petit périple Paris-Hollande-Paris qui avait duré un mois d’été alors que j’étais jeune et insouciant. Et partir à cinquante-trois ans on ne peut pas dire que ce soit énorme aujourd’hui mais ce n’est plus vraiment être jeune.

J’ai rapidement pensé aux trucs pas très clairs voire idiots ! Pourquoi utiliser des panneaux solaires pour recharger une batterie électrique ? Le poids des panneaux et du matériel nécessaire pour porter et faire fonctionner les panneaux n’allait-il pas être contre-productif par rapport à juste un vélo électrique qu’on rechargerait au fur et à mesure du trajet sur des prises de courant ? Faut-il vraiment passer par des zones désertiques pour justifier l’utilisation d’un véhicule autonome, comme si on était dans une période de fin du monde où l’usage de l’électricité ne serait plus assuré ? Ou bien si le poids n’est pas trop en défaveur, quel impact la météo va avoir sur la recharge ? Quelle conséquence sur la maniabilité du vélo à deux ou trois roues si on emporte deux à quatre panneaux photovoltaïques ? Comment réparer en cas de panne ?

Comme déjà deux éditions avaient eu lieu, en 2013 puis 2015 avec plusieurs dizaines de participants, que certains revenaient pour la troisième fois en 2018 et qu’un professeur d’IUT avait gagné l’épreuve de 2015, je me suis dit qu’il y avait peut-être moyen que l’avantage de la recharge en roulant compense le surpoids et qu’il n’y avait qu’un moyen de le savoir… essayer.

Ma curiosité n’était pas suffisante pour expliquer mon envie d’essayer. J’avais également envie de sortir de ma zone de confort et ma routine vélotaf - boulot - dodo. Même si j’aime la plupart du temps ces trois choses dans ma vie, la répétition d’un travail effectué depuis 25 ans dans la même entreprise m’incitait à prendre un peu l’air avant d’être trop vieux ou fragile. Et quelques mots clés dans ce voyage étaient là pour renforcer ma décision de tenter l’inscription.

Le photovoltaïque d’abord, auquel je crois, puisqu’en 2007, dix ans plus tôt, j’ai fait installer une toiture solaire pour produire de l’électricité sans avoir rien d’autre à faire qu’à vérifier le tableau électrique après un orage et relever les compteurs une fois par mois voire une fois par an pour demander le paiement de ma production.

Le vélo ensuite, que j’ai toujours apprécié. Le vélo a été mon premier véhicule (après la poussette). L’autonomie et la liberté de faire le tour de mon quartier en agrandissant le tour au fur et à mesure… et je n’avais pas encore 10 ans. Le vélo utilisé pendant mon adolescence, pour aller à l’école, pour rencontrer les membres de ma famille, pour faire quelques balades en solitaire ou en groupe. Puis adulte, le côté utile du vélo que j’utilise pour aller au travail et qui me sert de véhicule principal, avec quasiment 7 000 km par an. Le terme du moment est vélotaf lorsqu’on l’utilise de cette façon, probablement pour faire la distinction avec le cycliste sportif du week-end.

La Russie et autres pays russophones comme l’Ukraine et le Kazakhstan, pays à envisager pour se rendre en Chine. Cela faisait écho à mon choix fait à l’entrée en 4e au collège, de la langue russe alors que j’étais un élève plutôt médiocre. Le russe m’avait plus attiré que l’espagnol réputé plus simple pour les élèves comme moi ! Je n’ai jamais regretté ce choix, même si je suis toujours aussi médiocre en langues étrangères. Le petit groupe que nous étions, le professeur qui était bon pédagogue et le voyage en Russie qu’on avait réussi à réaliser m’avait laissé une bonne image de la langue, du pays et de ses habitants.

Restait tout de même quelques points d’inquiétude. Comment gérer la séparation pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, de ma famille que je ne quittais quasiment jamais ? Quel serait le coût de l’opération ? Comment pourrais-je m’absenter du travail sans y perdre des plumes ? Suis-je crédible pour une telle aventure ?

Dis Florian, tu me vois candidat ?

Florian et moi invité par EDF au festival Lumière de 2018
Florian et moi, invité par EDF au festival Lumière de 2018

La première étape du projet était de se faire accepter par Florian Bailly, le concepteur du Sun Trip, qui en était déjà à sa troisième organisation de voyage à vélo solaire en partance de Lyon vers l’est de l’Europe pour les deux premières éditions et pour la première fois au fin fond de l’Asie.

Comment l’aborder ? Suis-je crédible pour une telle aventure ? Alors que je n’avais pas fait de bivouac depuis trente-cinq ans, que je maîtrise très mal les langues étrangères, que j’ai du mal à demander de l’aide, ne serait-ce que pour m’aider à trouver un article dans un grand magasin, que je dors mal la nuit, que j’envisage souvent les scénarios catastrophes…

Je me fends donc d’un petit texte de présentation de ma candidature, l’écriture c’est le moyen de communication que je maîtrise le mieux, alors autant utiliser mon outil préféré, le message textuel. Un petit texte où j’annonce la couleur, je suis vélotafeur et j’ai fait du bivouac et un principal voyage à vélo en solitaire (le mot est proche de solaire n’est-il pas ?)… il y a trente-cinq ans ! Et j’ai ajouté que je travaillais chez Orange.

La réponse de Florian, ne s’est pas fait attendre.

Un grand OUI !

Trop cool sa réponse en trois mots. Première étape passée avec succès, même si je me disais que le mot Orange était peut-être pour beaucoup dans la réponse immédiate ! On verra par la suite que je ne réussirai pas à faire adhérer l’entreprise Orange à ma petite aventure, même si l’espoir m’avait aidé à préférer la couleur orange. Couleur orange pour être vu sur la route et couleur orange pour rappeler à quelle entreprise je consacre mes jours de travail depuis quasiment la moitié de ma vie. C’est pour cela que le vélo, la remorque, les cadres support des panneaux photovoltaïques, la veste, le cache-cou… étaient de couleur orange.

Par la suite, dans des moments de doutes j’aurai l’occasion encore d’échanger avec Florian.

Florian a toujours su trouver les mots justes et nécessaires pour m’encourager dans ce projet

Christel, ton avis ?

avril 2017

— Cricri d’Amour, tu me verrais partir quelques jours à vélo… pour aller en Chine ?

Christel en juin 2017
Christel en juin 2017

J’ai forcément parlé de ce projet à ma femme, un midi ou un soir, voire même un matin. Je ne m’en souviens déjà plus. C’est dire qu’il n’y a pas eu de réaction(s) immédiate(s). Il a fallu quelques explications, argumenter en faveur du Sun Trip et y aller en douceur. L’argument principal était que je pouvais faire marche arrière à n’importe quel moment, quitte à passer pour un dégonflé ou quelqu’un d’inconséquent, un rêveur de salon.

J’ai eu droit aux contres d’entrée de jeu à la lecture du règlement d’aventure.

— Quoi ? L’organisation n’est présente qu’au début et à la fin ? Ils font quoi alors ?
— Oui c’est le principe de l’aventure, tu es seul ou en équipe. L’organisation s’occupe de la promotion et de l’hébergement au départ et à l’arrivée. Un support à distance peut être donné, mais il faut prévoir son assurance rapatriement.
— Mais c’est une secte ce truc ?
— Oui et le gourou est Florian qui s’en met plein les poches et profite des fidèles. D’ailleurs regarde il y a des fidèles qui reviennent pour la deuxième ou troisième fois au départ de 2018. Mais rassures-toi on aura un week-end préparatoire et je pourrais me rendre compte du degré de sectarisme qui régit le groupe. A mon avis ce n’est pas pire que la secte du Tour de France. La question est plutôt quel degré de compétitivité il faut avoir, faut-il des sponsors pour pouvoir bénéficier d’un véhicule solaire digne de cette compétition, faut-il être jeune et en pleine forme physique ?
— Et comment tu vas gérer ton alimentation, c’est moi qui prépare tous les repas et qui fais les courses ?
— Effectivement… va falloir que tu viennes avec moi alors ! Tu es prête à faire deux cent kilomètres par jour ?
— Et comment on va vivre cette séparation ?
— Bonne question ! Tu me rejoins à Almati, avant l’entrée en Chine ? Il n’y a pas besoin d’avoir de visa, un passeport est suffisant.

Voilà le genre d’échange initial. Le fameux cycle d’acceptation en quelque sorte. Au final, ma femme a suivi et participé à toutes les phases de la préparation. Elle m’a accompagné aux différents rendez-vous importants qui ont jalonné la préparation du voyage.

Ma femme qui a su parler de mon projet à Patrick Gouttenoire, artisan soudeur, qui a été mon premier fan, et qui m’a soutenu dès l’annonce de mon inscription, sans faille tout le long du chemin.

Ma femme qui a su supporter une invitée Suntripeuse, avec qui j’avais noué des relations d’échanges pour la préparation commune au Sun Trip et qui s’est avérée un tantinet envahissante, voir impérieuse.

Ma femme qui m’a accompagné aux rencontres de professionnels au tempérament bien marqué comme Céline Trousseau de la boutique Cyclociel de Villeurbanne, de Christian Touzé, concepteur de la remorque en carbone, la CTZ 100 litres, qu’on a rencontré à Vaumeilh près de Sisteron, de Guillaume Devot de Declic-Eco, grand installateur des véhicules solaires du Sun Trip, qu’on a rencontré à Saint Mitre les Remparts.

Ma femme avec qui on a testé le partage d’hébergement entre cyclistes à l’aide de l’organisation Warmshowers.

Et le voyage en Italie, près de Turin, à la rencontre de Solbian pour l’équipement en panneaux solaires.

Je me suis même fendu d’une vidéo en anglais pour expliquer mon besoin à Tom Nostrant, créateur de la Click-Stand, la canne télescopique qu’on utilise en complément ou remplacement de la béquille d’origine qui est souvent trop petite et trop légère pour supporter un vélo solaire.

Bref, même si ma femme préfère de loin des véhicules à quatre roues motrices, qu’elle a le permis de conduire bus, elle a su me laisser vivre cette aventure qui allait un peu chambouler notre quotidien.

Et nos trois enfants : Sylvain, Lucie et Aurélie ont suivi l’exemple de leur maman et les aventures solaires de près. J’ai été soutenu par ma famille du début à la fin. J’ai eu des moments de doutes pendant le parcours et j’ai pu les appeler au téléphone et j’ai toujours été encouragé.

Maintenant que le voyage est bien passé, Christel, tu en penses quoi de l’aventure Sun Trip ?

— Je suis fière de toi mon Chéri !

Orange, collègues, je pars ?

Lyon Tour Part-Dieu mes collègues testent Silky One
Lyon, Tour Part-Dieu, mes collègues testent Silky One

Je suis informaticien chez Orange, je passe mes journées à coder des applications informatiques de gestion en back, front ou mobile comme on dit en ce moment. On travaille sur un plateau et la vie de chacun transpire un peu sur chacun. Si en plus on aime bien parler de soi, alors vos collègues suivent un peu votre vie. C’est ainsi que mes collègues ont vite été au courant de mon inscription puis de ma préparation au Sun Trip.

Mais il fallait avant tout prévenir ma hiérarchie et les ressources humaines du besoin de m’absenter trois mois consécutifs de mi-juin à mi-septembre. Pouvais-je m’absenter du travail pendant trois mois sans y perdre de plumes ? La réponse dans une grande entreprise comme Orange est plutôt oui. S’absenter trois mois est assez facile si vous n’êtes pas indispensable, reste à le prévoir suffisamment à l’avance pour prévenir le ou les managers hiérarchiques, la direction des ressources humaines dont vous dépendez.

Comment pouvoir poser environ soixante jours de congés ? Plusieurs possibilités, soit avoir mis de côté des jours de congés non consommés les années précédentes sur un compte épargne temps si votre entreprise le permet, soit déposer un congé sans solde.

Avec un congé sans solde on y perd des plumes financières. Pour ma part j’avais prévu un truc, un voyage avec ma femme, une aventure quelconque avant d’être trop vieux… depuis deux ou trois ans. En ajoutant les congés de l’année en cours en 2018 et les congés de mon compte épargne temps, j’ai pu déposer les trois mois nécessaires pour le voyage et quelques jours en plus pour amortir le retour au travail et passer un moment en famille après la longue séparation.

L’organisation du Sun Trip prévoyait cent jours maximum pour rejoindre la ville finale en Chine, sous peine de ne pas pouvoir rapatrier le vélo. L’aventure est un aller simple, le retour de notre corps se fait à notre convenance et notre charge, seul le vélo est pris en charge par un retour en conteneur sur le train des nouvelles routes de la soie. Je voulais à tout prix être en deçà de cette limite max des cent jours. J’ai regardé le score obtenu par le premier arrivé à Astana en 2013, Raf Van Hulle, qui était également arrivé deuxième en 2015. Je m’étais dit que vu le niveau sportif du vainqueur, bien plus entraîné que moi, et vu l’évolution des panneaux solaires et des batteries, je pouvais envisager d’être au niveau de 2013, soit deux cent kilomètres par jour en moyenne. Sur une prévision de parcours de 12 000 km et cinq jours de surplus pour aléas casse, douane, intempéries, maladie… Je prévoyais ainsi soixante-cinq jours, ce qui me laissait du temps pour récupérer et retrouver la famille avant de repartir au boulot. Étrangement c’est exactement le nombre de jours que je mettrais pour atteindre Canton.

Pour ne pas y perdre de plumes au niveau retour au travail, dans le service qu’on quitte momentanément, en théorie il ne faut pas dépasser trois mois, sinon on pourrait très bien vous proposer un autre service. Et au bout d’un an d’absence c’est carrément plus contraignant en théorie, puisque qu’on pourrait vous proposer un autre poste sur la zone géographique. En pratique, le service informatique dans lequel je travaille n’aurait pas posé de problème. Mon manager de proximité, mon n+2 et n+3 une fois mis au courant de mon projet un peu fou m’ont accordé sans difficulté l’autorisation d’absence… à condition de finir les différents travaux en cours avant le départ et de passer les informations pour la maintenance des rares applications dont j’avais la charge non partagée. Un des avantages de travailler en équipe sur un développement informatique et de partager les informations est cette possibilité de prendre du repos sans compromettre la bonne marche du projet.

J’ai perdu un peu de plumes de tranquillité au fur et à mesure qu’approchait la date du départ. Je devais finir trois applications, une que je maintenais seul, développée en front AngularJs et backend Nodejs, une deuxième en backend Java et mobile Android et iOS qui devait évoluer au niveau infrastructure pour suivre les évolutions de sécurité autour des échanges https. Et une troisième, une nouvelle application mobile avec backend Java et Php, qu’on développait à quatre. Une nouvelle application mobile, à destination de nos clients en boutique, qui devait être livrée rapidement pour participer à un concours interne, la Prime Zone Cup… Ce fut un peu stressant, des journées un peu longues mais au final le timing a été respecté. Et j’ai eu la grande surprise, de recevoir un SMS sur mon vélo pendant le trajet Lyon - Guangzhou du succès de la participation au concours interne Orange. On était dans les trois premiers et on avait gagné la Prime Zone Cup 2018 ! Un cadeau individuel sous forme de voyage d’étude ou de matériel informatique d’une valeur de 3 000 € chacun ! Et c’est ainsi qu’au retour de Chine, j’ai pu demander un Mac Book Pro avec lequel j’ai en particulier, écrit ce livre.

Quelques plumes sur une éventuelle promotion ? Il n’y avait rien dans le tuyau mais dans le cas contraire il faut faire un choix, profiter de la vie dans l’entreprise ou en dehors ? Et quelques plumes sur la prime individuelle du deuxième semestre 2018, oui ce sera le cas, mais l’incidence est minime.

Il pourrait y avoir également la plume de l’ambiance au boulot des collègues qu’on abandonne pour un temps avant ou après le départ. Le relationnel au travail est quelque chose de subtil et délicat, surtout quand vous travaillez sur un plateau de vingt personnes où la vie intime est facilement partagée ou envisagée. Un rien peut vous faire passer du côté du gars qu’il faut éviter. Ce voyage a été plutôt l’occasion d’être perçu positivement. Le côté fou et remise en question a plutôt été un élément positif sur le relationnel, même si j’ai franchement saoulé mes collègues avec ma préparation. Il était rare à la cantine le midi que je n’aborde pas un élément du voyage. Au retour, le travail reprend vite et il faut savoir revenir et montrer qu’on n’a rien perdu en savoir-faire, quitte à passer plus d’heures au début pour remonter au créneau d’un nouveau projet qui nécessite de reprendre la connaissance du fonctionnel et de la technique employée.

Pendant la période de préparation, J’ai eu plus de soutien de mes collègues que je ne m’y attendais. J’ai été épaulé sur l’organisation du voyage, car autour de moi il y a des voyageurs de longue date : cyclistes, motards, marcheurs qui ont arpenté la terre bien plus que je ne le ferais jamais et dans des lieux inhabituels. Leurs conseils, les éléments factuels pour préparer le voyage et leurs encouragements m’ont été d’une aide appréciable et d’un grand secours. Il s’agit de la survie en voyage, d’abord, et de la facilité à réaliser le voyage. La préparation est importante car il faut penser du petit pansement jusqu’aux papiers d’identité. La projection mentale du voyage dans son ensemble qu’on peut se faire par les récits qu’on vous raconte, qu’on lit ou qu’on découvre sur Internet est importante pour voir ce qui manque encore à la préparation mentale et physique.

Sans mes collègues j’aurais été moins bien préparé

Coucou les amis, devinez quoi !

Ophélie Brissaud à l’élevage d’Ofée un peu avant le départ pour l’aventure
Ophélie Brissaud à l’élevage d’Ofée, un peu avant le départ pour l’aventure

août 2017… juin 2018

— Vous savez quoi, je vais partir en Chine avec d’autres folles et fous à vélo solaire !

D’abord la surprise :

— Sérieusement ?

Puis l’incrédulité :

— Mais tu pars un an ? Avec Christel ?

Personne n’a vraiment été surpris que j’entame ce voyage. Il semblait me coller comme un gant, à la vue extérieure que les ami-e-s portent sur moi.

Il est vrai que j’ai fréquenté un peu le milieu du cheval via mes enfants. Un monde qui comprend la passion.

Et c’est ainsi que j’ai reçu des encouragements de toute part et du soutien.

J’ai été surpris de l’intérêt général suscité. La culture du vélo et de l’aventure en France est plus importante que je ne le pensais

Benoit Pfister teste l’assise de Silky One lors d’une invitation avant départ
Benoit Pfister teste l’assise de Silky One lors d’une invitation avant départ

Et moi, sûr de moi ?

Juillet 2017

— Maintenant que j’ai dit à tout le monde que j’allais partir à Canton à vélo solaire… je n’ai plus le choix ou c’est la honte à vie !

J’ai envisagé le voyage sur une impulsion qui venait probablement de loin.

Raconter à tout le monde qu’on va faire le voyage c’est une façon de se persuader qu’on va le faire, cela devient concret à partir du moment où on l’enisage à voix haute et pas dans un semi-rêve le soir dans son lit.

Je passerais par des périodes de doutes sur ma capacité à mener à bien la préparation et le voyage. Mais les doutes c’est ma vie. Je doutais d’avoir un boulot stable, je doutais d’avoir une famille et d’être assez responsable, je doutais d’avoir un jour une maison…

Le doute n’empêche pas d’agir, il apporte par contre quelques nuits agitées !

Je peux écrire que j’ai fait le voyage Chamonix-Canton en soixante-cinq jours de vélo solaire… Mais parfois je doute encore de l’avoir fait, je suis obligé de regarder mes photos, et là oui cela me revient, les rencontres, les routes ! Peut-être une raison de plus d’écrire ce livre, garder une trace avant d’oublier.

Les préparatifs

S’attaquer aux préparatifs revient à gérer un mini projet. Découper en tâches et classer par ordre de priorité et de dépendances. Pour cela, j’ai l’habitude d’utiliser un Kanban que je recommande depuis des années à savoir Trello. L’outil permet d’organiser facilement des fiches de notes par thème. Un thème étant représenté par une colonne. Et chaque fiche, une note dans laquelle on peut y inscrire quantité d’informations et une ou plusieurs listes à cocher. Super pratique avec sa version web et mobile qui se synchronisent très rapidement et peut être relu même sans réseau, pratique donc pour consulter pendant son voyage.

Gérer les préparatifs comme un mini projet !

Lorsqu’on prépare un voyage-aventure tous les trente-cinq ans, forcément il faut tout redécouvrir. Je comprends mieux que certains repartent régulièrement en voyage, cela permet de reprendre où on en était et de faire mieux la fois suivante.

Les bonnes questions

— Tu passes par la Turquie ?
— Tu roules avec quoi ? Il pèse combien ton véhicule ?
— Tu emmènes des outils pour réparer ?
— Tu dors comment ?
— Tu emmènes la nourriture avec toi ?
— Il te faut des visas ? Et si tu as un accident tu fais comment ?
— Tu n’as pas peur de chopper une maladie ou de te faire mordre par un chien ?
— Tu paies comment ?
— Tu prends un forfait mobile international ou une carte SIM à chaque pays ?
— Tu es sûr d’être capable physiquement ?
— Tu tiens un blog, tu as des sponsors ?
— Tu prends un GPS, tu as une balise pour qu’on te suive ?
— Tu vas visiter un peu ?
— T’es sûr de pouvoir parler anglais partout ?
— Tu parles Chinois ?
— Franchement c’est pas possible que tu y arrives !

Le passage par Kiev

— Tu prends la route du nord ou la route du sud ?

Kiev sous la pluie le 2 juillet 2018
Kiev sous la pluie le 2 juillet 2018

Entre le parcours par le nord ou le parcours par le sud j’ai vite fait le choix.

Je ne me voyais pas passer par la Turquie, j’avais peur des tunnels mal éclairés, l’accident de 2013 ne jouant pas en faveur de ce parcours.

Et puis la route la plus rapide c’est par le nord. Lorsqu’on veut aller vite et qu’on ne part pas pour visiter l’historique route de la soie, alors on prend par le nord. Ce fut d’ailleurs le choix d’un grand nombre de Suntripeurs.

Pour rappel la Terre est un globe et la ligne droite d’un plan Google Maps n’est pas le plus court chemin. Toutefois on peut retrouver la vision du globe de la Terre avec Google Maps sur ordinateur en réalisant un long zoom arrière jusqu’à voir la planète sphérique.

Et pour commencer je vous invite à tester votre logiciel de cartographie préféré, Google Maps ou autre, et de tenter d’établir une route entre Lyon et Canon (Guangzhou si on veut être à la page).

Pas de chance, les frontières chinoises sont fermées pour Google Maps et autres maps !

Et là je ne pensais qu’au trajet en voiture, alors le parcours à vélo…

Il faut donc au minimum découper le trajet en deux parties.

Lyon-Khorgos au Kazakhstan
Lyon-Khorgos au Kazakhstan
Khorgos-Guangzhou en Chine
Khorgos-Guangzhou en Chine

Voici un élément indispensable à préparer. Vous pourrez vous faire une idée plus précise au chapitre du voyage à partir de mon parcours réel.

Il est pratique et réconfortant de préparer son parcours à l’avance avec d’éventuelles options. Mais dans le détail il est clairement impossible de prévoir à l’avance chaque étape. Est-ce qu’on va faire 100, 200, 300 km par jour, tous les jours ? Impossible de prévoir.

Le parcours dans le détail n’a jamais été finalisé. Il a fallu s’adapter pendant le voyage

Je vous invite plutôt à prévoir les principaux points de passages, villes, fleuves (ou montagne si on est fan de montage comme Michael Polak) et surtout point de passage aux frontières. Typiquement, le point de passage pour entrer en Chine à vélo a été un point en discussion un bout de temps avant de s’affirmer comme le passage à prendre, et ainsi Korghos s’est imposé. A partir de là, si on fait de même pour les passages aux frontières de l’Ukraine qui a des zones de guerre avec la Russie et de même avec le Kazakhstan, on se retrouve à des choix restreints de passage. Mais entre ces points des choix sont possibles, sauf au Kazakhstan où on se retrouve avec une route unique pour rejoindre Almaty.

Une fois qu’on a fixé ces points de passage aux frontières, il est important d’estimer une plage de dates de passage aux frontières où le visa est obligatoire. Je pense en particulier à la Russie. Et pour cela il faut estimer au mieux le nombre de km qu’on pense parcourir au minimum et au maximum par jour afin d’estimer la plage de jours où on va passer la frontière qui demande le visa tamponné à la bonne date.

Pour la Russie, si vous arrivez au poste frontière plus tôt que votre date d’entrée… il faudra attendre la fameuse date indiquée ! Et pour la sortie c’est pire encore, il faut sortir avant la date de sortie indiquée sur le visa sinon vous serez envoyé en prison en attente de votre jugement et vous ne pourrez plus revenir en Russie avant cinq ans. C’est l’expérience de Romàn Neauport qui parle, il a passé deux jours emprisonné en attente de son procès qui s’est tenu avec une professeure d’anglais, laquelle a servi de traductrice !

Pour la Russie prenez un visa de trente jours, même si quinze jours vous semblent large !

Romàn a testé pour vous le visa de quinze jours. Et il ne pourra refaire le Sun Trip qu’à partir de 2023, s’il veut traverser la Russie ! Il a écopé de cinq ans d’interdiction d’entrée en territoire russe.

La météo a été la cause du retard. Le début de parcours a surpris l’ensemble des Suntripeurs. La pluie et le froid pendant plusieurs jours d’affilés nous ont obligé à revoir à la baisse nos distances journalières et donc la date d’entrée en Russie. Et c’est ainsi qu’on peut se retrouver à la sortie de la Russie avec un jour de retard par rapport à la date de son visa. Plutôt que de vous laisser sortir en vous invitant à ne pas recommencer une telle erreur, il semblerait que la règle de vous garder quelques jours en prison soit la norme. C’est ainsi qu’avec Bernard et Yann Cauquil on a retrouvé Romàn sur la route à l’entrée du Kazakhstan alors qu’il était bien devant nous.

Pour obtenir un visa russe à Lyon, je suis passé par %5Bhttp://www.lyonvisa.com%5D(Lyon visa. Dans leurs locaux, il y a un appareil photos instantanées, une photo est nécessaire pour le visa russe, elle doit être différente de la photo du passeport, alors si vous pensiez réutiliser celle de votre passeport tout neuf, c’est raté ! J’ai d’abord pré-rempli mes informations par Internet sur le site de Lyon visa en suivant leur tutoriel puis je suis passé les voir. En vingt minutes les formalités étaient terminées et quelques semaines après je suis venu rechercher le visa.

Le parcours c’est donc des points de détails des passages de frontières, et des points à grosse maille, une liste de pays, puis une liste de villes et après on affine si on passe par la rivière qui permet d’envisager un dénivelé minimum, ou par la montage si on est fan de grimpette comme Michael Polak.

Comment préparer ses parcours GPX ? Je pourrais proposer plusieurs sites mais je pense qu’il est préférable de continuer à chercher car je n’ai trouvé aucun site qui puisse être une référence unique. Par contre en 2018 je déconseille fortement Google Maps pour vélo pour créer son parcours. A la rigueur on peut l’utiliser en version voiture, mais en version vélo c’est le meilleur moyen de se retrouver dans des passages impossibles à franchir.

La plupart d’entre nous avons utilisé OsmAnd sur un mobile Android pour afficher le parcours de la journée. Les cartes sont à télécharger à l’avance vu la taille et sont utilisables hors ligne. A noter qu’il existe une extension qui permet de voir également les dénivelés… mais attention les dénivelés ne sont pas complètement fiables et il faut vraiment zoomer pour voir les différences de dénivelés sinon on se fait vite avoir à croire qu’il n’y en a pas ! C’est John et les frères Colle qui m’ont fait découvrir cette option sur OsmAnd les derniers jours du voyage. Les prévisions sur les dénivelés de la journée sont comme les prévisions météo en France ! A prendre avec une marge d’erreur. C’est ainsi que les jeunes m’annonçaient du plat… que j’ai trouvé plutôt vallonné !

J’avais racheté un Garmin d’occasion, mais la petite taille de l’écran et le manque de liberté sur le choix des cartes hors Europe m’ont fait préférer le smartphone. Mais attention au choix du smartphone. Je me suis porté sur un Samsung Galaxy S8, je n’ai pas été déçu. Il doit être robuste et visible par forte luminosité, tenir aussi le plus possible à l’eau.

Silky One

juillet 2017

— Tu achètes où ton vélo solaire ?
— Je prends l’option mécano version grand adolescent (option C) et j’appelle mon prochain compagnon de voyage : Silky One comme The Silk Road (la route de la soie) et One comme le premier (on ne sait jamais, il pourrait y en avoir un deuxième).

Silky One - version solaire
Silky One - version solaire

En attendant que Decathlon sorte un modèle solaire, les pistes sont les suivantes.

L’option A : l’achat d’un vélo solaire d’occasion. Pourquoi pas s’il n’a pas trop souffert. Mais vu le nombre de vélos solaires l’offre est limitée.

L’option B : l’achat (ou location ?) d’une remorque Sun Travel, qui est d’abord une remorque pour le transport de son bivouac. Mais elle est la plupart du temps achetée avec des panneaux solaires posés par-dessus. La remorque peut également être équipée d’un moteur pour la propulsion du cycliste (remorque dite pousse-au-cul), de sa batterie et du dispositif de pilotage de l’ensemble. Une petite publicité en passant pour Guillaume Devot et son entreprise Déclic-Eco qui a été la référence et le pilier technique pour bon nombre de Suntripeurs de l’aventure 2018 et des précédentes. Sans lui j’en serais encore à me demander comment monter mon vélo solaire. L’avantage de la Sun Travel : on ne change pas ses habitudes de vélo, on peut garder celui dont on dispose s’il est assez résistant pour l’aventure Lyon-Canton.

L’option C : on monte son vélo solaire à partir d’éléments existants. Le champ des possibles devient plus grand. Quel type de vélo ? Remorque ou pas ? Nombre de panneaux solaires ? Quel type de moteur ? Quel type de batterie ?

L’option D : on fabrique carrément son vélo et tout ce qui va autour pour devenir un vélo solaire ! Pour l’option D je pense entre autre à Bernard Cauquil, celui que je qualifie de Géo Trouvetou, qui vous invente un nouveau vélo par mois (j’exagère à peine !).

Pour le vélo, je voulais m’inspirer justement du vélo de Bernard Cauquil, celui qu’il avait conçu pour gagner le Sun Trip 2015, même si je me doutais que le vélo n’était qu’une partie de l’équation quant à son score. Je n’avais par contre pas tout compris à ses astuces, mais j’avais gardé l’idée principale du vélo couché à deux roues avec panneaux photovoltaïques sur le toit, malgré un grand nombre de vélo à trois roues qu’on rencontre lors des Sun Trip (on dit trike dans le milieu).

Christel week-end test d’un trike
Christel week-end test d’un trike

Je disposais déjà d’un vélo couché M5 20x20 eco que je n’utilisais pas beaucoup mais que j’aimais bien pour la légèreté et l’aérodynamisme. J’ai cherché sur Lyon à tester d’autres modèles plus endurants et tant qu’à faire j’ai également testé un trike. Sur Lyon, il y a Céline Trousseau de Cyclociel, notre passionnée lyonnaise de ce type d’engins couchés. Je n’ai pas aimé mon week-end de test du trike. Céline m’a dirigé sur deux marques de vélo couché et j’ai préféré la marque Azub.

Céline de Cyclociel spécialiste vélos couchés et trikes
Céline de Cyclociel, spécialiste vélos couchés et trikes

Au départ j’étais parti sur une commande d’un 26 pouces sur les deux roues malgré l’avertissement de Céline pour une préférence à utiliser une roue avant de 20 pouces pour poser plus facilement les pieds au sol vu ma taille d’1m75 et la garde au sol assez haute de l’Azub par rapport aux autres modèles de vélos couchés.

Elle m’a appris que son contact chez Azub, Honza Galla, avait participé au Sun Trip 2013 avec son ami et collègue Karel Sebela. Ils avaient rencontré quelques difficultés, une morsure de chien entre autres et des problèmes techniques mais avaient atteint l’objectif d’Astana en 4e position. J’ai échangé des informations avec Honza qui m’a également déconseillé le 26 pouces roue avant. J’ai écouté les conseils et passé à l’Azub Six 26x20. J’aurai l’occasion de les rencontrer lors du voyage, dans leur nouvel espace atelier-boutique en République Tchèque. Ils réaliseront une superbe vidéo que j’arbore fièrement sur mon site J’me Recycle

Pour le choix de la remorque et de la motorisation, j’ai d’abord suivi les étapes du Sun Trip Tour 2017 et surtout les directs Facebook tenus par Anick Marie Bouchard. Elle a eu la bonne idée d’interroger les Suntripeurs sur leur matériel, leurs impressions… et c’est ainsi que j’ai pris la décision d’utiliser une remorque Christian Touzé et de faire appel à Déclic-Eco pour la motorisation.

En attendant la fabrication de l’Azub Six, j’ai pris contact avec Christian Touzé pour sa célèbre remorque. La remorque se ferme à clé, elle est de ce fait assez rassurante lorsqu’on doit quitter son vélo pour aller faire des courses, ou passer la nuit dans un hôtel. La fermeture est vraiment étanche. Le triangle en acier qui relie la remorque au vélo peut être ajusté au vélo en forçant doucement l’écartement.

Avec Christel on est allé lui rendre visite à Vaumeilh, près de Sisteron pour prendre livraison de la remorque.